Présentation

Texte Libre


Afficher Diofior sur une carte plus grande

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recherche

N_l dites à personne

Bloguer avec nous

Samedi 30 juin 2007 6 30 /06 /Juin /2007 21:30

Si vous n’êtes pas sénégalais, vous aurez sans doute du mal à donner un sens au terme kheweul. Il appartient au champ sémantique de la religion et peut être traduit dans une certaine mesure par la grâce divine. Cependant, je ne cause pas aujourd’hui de l’islam qui est la religion de la plupart des sénégalais mais d’une toute autre « religion » : la technologie.

 

Il y a deux semaines Mohamed Diop, ingénieur informatique et un des pionniers de l’IP au Sénégal a inauguré avec ses partenaires le site Kheweul.com qui est le premier régistrar africain. Le choix de ce terme correspond bien au profil de porteur de ce projet dont l’activisme dans le domaine des TIC est sans doute singulier au Sénégal. Et pour cause, il est membre du chapitre sénégalais de l’Internet Society (ISOC), dirigeant de la société NEXT SA, responsable de la grappe TIC dans la stratégie de croissance accélérée (SCA) mais surtout un fervent adepte de la confrérie religieuse des Mourides. Les convictions religieuses ont sans doute été déterminantes dans le choix du nom du site qui se donne pour ambition de permettre aux africains en particulier d’imprimer leur présence dans le réseau Internet.

Cette entreprise innovante montre qu’il existe des ressources techniques permettant un alignement au niveau du nec plus ultra mondial. Toutefois, qui dit infrastructures techniques dit également création de contenus car actuellement, la bataille pour la proposition de contenus pertinents est un enjeu stratégique. Ainsi, pour que ce registrar soit vraiment du Kheweul pour l’Afrique, il faut qu’il parvienne à inciter à la création de contenu. En effet, il ne faudra surtout pas que l’Internet Sénégal emboite le pas à la télévision qui ne fait que diffuser des contenus étrangers au détriment de la créativité locale. Cette question est plus compliquée à résoudre dans la mesure ou il dépends de plusieurs facteurs : les couts d’accès à la technologies, la connaissance stratégique des usages d’Internet chez les particuliers et les entreprises, le degrés d’appropriation de l’outils par les publics ciblés. La prise en compte de ces paramètres dépasse le cadre de compétence des ingénieurs car nous sommes dans le domaine des sciences humaines et sociales.

 

La technologie serait-elle une affaire trop sérieuse pour être laissé aux mains des seuls ingénieurs ? Il me parait nécessaire d’entrer dans un processus de création collective, avec des porte-parole clients notamment.

Mandéné
Par Mandene - Publié dans : mandene
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /Juin /2007 21:37

Le Sénégal vit au rythme des ruptures ou des bifurcations qui illustrent la question de la position de l’Afrique dans le contexte géoéconomique mondial. Il y a deux semaines, la SDV, une filiale du français Bolloré essuyait un échec cuisant  dans sa confrontation avec la DPW (Dubaï Port World) pour le marché de la gestion du nouveau terminal du port autonome de Dakar et la réalisation du port du futur. Cet échec a été difficilement digéré par le groupe Bolloré dont le lobbying n’a pas infléchi la position des autorités sénégalaises. Non content de pousser les marins bretons vers le large, voilà que la multinationale émiratie fait rebrousser chemin l’oncle Sam qui vient de mettre un terme au projet de mise en place de la plate forme du millénaire de Diamniadio.

 

En effet, dans le cadre du Millenium Challenge Account (MCA[1]), le Sénégal s’était lancé dans un ambitieux projet de mise en place de la plateforme du millénaire de Diamniadio. Ce projet consistait exactement à créer, ni plus ni moins, un parc industriel et participer ainsi à décongestionner Dakar par l’émergence d’un pôle industriel. Seulement au terme des études de faisabilité, un autre projet a été initié par les sénégalais dans la même zone. Il s’agit d’une zone économique spéciale portée par les inusables émiratis de Dubaï. Il paraît que ce projet a précipité le départ des étasuniens qui trouveraient impertinents la cohabitation de ces deux projets d’envergure sur cet espace.

 

Dirigisme économique

 

Il rare de voir à travers le monde des exemples de polarisations industrielles portées par un état. Tout au plus, l’état devrait me semble t-il se contenter de créer les conditions favorables à la concentration des activités industrielles dans une zone. Qu’est-ce qui fait la réussite des polarisations industrielles à travers le monde? Une des succès story actuelle est Bangalore en Inde où la proximité entre les industries, les centres de recherche et les universités a favorisé l’émergence d’un des pôles de développement des technologies d’information et de la communication les plus performants au monde. La Sillicon Valley aux Etat-Unis a été la pionnière dans cette structuration des territoires et dans la création des conditions favorables à l’épanouissement des acteurs. Une autre dimension semble n’avoir jamais pris en compte dans les projections sénégalaises, l’émergence d’un pôle repose sur les connaissances et les réseaux relationnels locaux qui doivent constituer les fondements de la spécialisation des pôles de développement économiques. Plutôt que de décréter des projets, il serait plus intéressent de favoriser les savoirs locaux comme facteurs de polarisation. L’exemple de la troisième Italie est pertinent pour illustrer cette situation.

 

« De nouveaux amis » ou de nouveau x rapaces

 

Au moment ou Bolloré a essuyé deux revers en Côte d’ivoire et au Sénégal plus récemment, la Chine, l’Inde et les pétrodollars jettent leurs dévolus sur l’Afrique. Ironie du sors, les chinois viennent même d’acheter à Paris l’immeuble de l’ancien ministère français de la coopération pour en faire le siège de leur mission économique pour l’Afrique. C’est un signe des temps car la rupture a été au cœur des débats lors de la dernière campagne électorale française. Le Sénégal semble être à l’heure de la rupture (sauf en politique) du moins aux bifurcations dans les relations avec les anciennes puissances qui faisaient la pluie et le beau temps en Afrique. Simple épiphénomène du à l’organisation en 2008 de la conférence islamique (OCI) où tendance lourde de la reconfiguration géopolitique et géoéconomique africaine ? Wait and se.  Dans tout les cas, les atours de dame Sénégal semblent attirer plus d’un prétendant. Il est vrai que la position géographique du pays est stratégique, ce qui semble valider la thèse de la recherche d’un hub régional pour pénétrer le marché ouest africain. Toutefois, le marché sénégalais est faible (10 millions d’habitants) ce qui suscite des interrogations relatives à l’impact réels de ces projets sur l’économie sénégalaise et leur intégration pertinente dans un schéma stratégique d’organisation de l’espace. Aussi bien pour le MCA que pour la zone économique spéciale de Yène, il semble que ce sont les bailleurs de fonds qui décident et valident le contenu des zones d’aménagement au nom, bien évidemment de leurs intérêts. J’espère seulement que nous n’avons pas déshabillé Saint-Paul pour habiller Saint-Pierre ; autrement dit déshabiller Mouloud pour habiller Rachid. J’espère que non.

Mandéné


[1] Subvention accordée par le congrès étasunien dans le cadre de l’AGOA (African Growth Opportunity Act).

Par Mandene - Publié dans : Economie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 juin 2007 1 25 /06 /Juin /2007 10:52

Dans les rues de Dakar, à la télé et à la radio, on ne peut pas échapper à la réclame au sujet des ordinateurs. Il s’agit essentiellement de PC équipés de microprocesseurs Pentium II ou III. Le résultat de cet abattage publicitaire est visible dans les télécentres et dans beaucoup de domiciles car de nombreuses personnes sont équipées de ce type de machine. La fièvre technologique qui s’est emparée de Dakar est liée certes au développement des TIC à travers le monde mais également au discours officiel sur le « fracture numérique ». Au non de la  lutte contre la fracture numérique une grosse filière de machines d’occasion a étalé ses tentacules à travers le pays. Elle crée, dans une certaine mesure, une autre facture numérique puisque l’abondance apparente d’équipements masque en réalité un retard énorme. Aussi faut-il dire aux sénégalais qu’il n’y pas que les pentiums dans la vie. D’autre marques de microprocesseurs existent et coutent souvent moins cher.

Cette histoire de machines secondes mains me rappelle les fortunes diverses des filières d’importation de véhicules d’occasions. En effet, devant la croissance exponentielle du nombre de voitures d’occasion parmi le parc automobile, le gouvernement avait pris la décision d’interdire l’importation des voitures de plus de 5 années. Les mêmes causes ayant les mêmes effets, cette situation risque de perdurer. En effet,  compte tenu des conséquences de la loi de Moore (doublement des performances des processeurs tous les 18 mois) les consommateurs des pays économiquement plus avancés renouvelleront assez souvent leurs équipements informatiques.

Il vaut mieux, très certainement, d’utiliser une machine fut-elle bas de gamme que de travailler sans équipement informatique. Soit. Néanmoins, le retard pour le hardware signifie aussi un retard sur le software dans la mesure où il se pose un problème de compatibilité des nouveaux programmes avec des environnements de travail  souvent dépassés. Si on y prend garde de, nous risquons de courir longtemps après la caravane.

Heureusement que d’autres sénégalais sont en pôle position dans la course pour l’innovation continue. C’est l’exemple de Mouhamed Diop de la société Next SA qui vient de créer avec ses partenaires le premier régistrar africain (http://www.kheweul.com/). Nous en reparlerons prochainement.

Mandéné

Par Mandene - Publié dans : TICs
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés