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Vendredi 18 août 2006
L’Internet semble entamer une nouvelle phase dans son évolution avec l’avènement des réseaux WIMAX et du protocole IPv6 appelé aussi Internet nouvelle génération. Quand on ajoute à cette migration vers des réseaux hautement plus performants, le développement de plus en plus important du Machine to Machine (M2M) et les travaux sur les interfaces homme-machine (IHM) ; on se dit que la fracture numérique a de beaux jours devant elle. Pourtant, l’équation peut être simplifiée afin de montrer que toutes ces innovations techniques ne sont pas vraiment révolutionnaires au point d’être assimilées à un changement de système technique. Elles sont en effet, à l’image d’Internet, un agrégat d’innovations qui permettent de réaliser "une intelligence ambiante" Nous sommes bien à l’ère des objets communicants dans laquelle le RFID (Radio Frequence Identification) occupe une place centrale étant donné qu’elle représente le lien entres tous les objets et même entre les hommes et les objets.

Vous allez me dire quel est le rapport particulier entre l’Afrique et cet environnement High Tech? D’une part, il s’agit de la marche inexorable du monde dans laquelle les pays africains prendront part inévitablement. D’autre part, la communication entre objets ne devraient pas étonner un africain dans la mesure où bien des pensées religieuses et spirituelles africaines se caractérisent entre autre par le fait d’attribuer des caractères humains aux objets. Les arbres, les objets et les animaux ont une âme qui leurs permettent de communiquer avec des personnes initiées. Ainsi, on vous dira dans un village africain "ne touchez pas aux fruits de tel arbre car il est habité par un esprit malfaisant." Il est arrivé, par exemple, dans un projet de construction d’une digue que des bailleurs de fond soient obligés de sacrifier un taureau pour bénéficier de la bénédiction du génie protecteur du terrain.

Il y a ainsi une fétichisation des objets qui dans la crise des valeurs actuelle sera substituée probablement par une fétichisation de la technique. Les pays développés en sont à cette étape dans le rapport à la technique. Le monde africain est actuellement dans cette phase transitoire : entre un système technique adapté à un état de fétichisation des objets de la nature et un système technique en devenir qui est celui des objets techniques fétichisés. La solution ne sera plus recherchée dans l’âme des objets de la nature mais dans la performance technologique.

Face à la technique : de curieuses analogies et divergences culturelles

A propos de la propension de certains pays asiatiques comme le, Japon ou la Corée du Sud à s’approprier des objets techniques, il y a des explications anthropologiques qui mettent en avant l’influence de la culture animiste qui constitue un facteur favorable. Au contraire, dans les pays européens, le monothéisme serait facteur de méfiance pour ces objets. Toutefois, En Europe du Nord les comportements face à "l’intelligence ambiante" montrent une plus grande attirance par rapport à la France. Ce clivage s’explique par l’influence de la culture lapone au sein de la quelle il est «naturel que les êtres et les objets de l’environnement dialoguent entre eux» En France par contre "l’humain et les machines sont en position de domination et d’esclavage." Jonas HOFFMANN conclut, au terme d’une étude du comportement des français face à l’innovation, que les groupes sociologiques qui ont un comportement apparenté à celui des finlandais sont "les communautés  écologiques" et les populations rurales qui réagissent mieux à "l’intelligence ambiante." A ce propos, l’hypothèse émise est que la culture lapone a inspiré les communautés écologiques françaises dans les années 1960-1970.

A propos de culture africaine, le dernier roman de Fatou DIOME* (Kétala) révèle une dimension assez intéressante de la culture africaine. Elle nous raconte la vie d’une défunte à travers ses meubles qui se révèlent être les témoins les plus pertinent de la vie d’une personne. Ce choix de narration est le fruit d’un imaginaire africain, sénégalais et plus précisément sérère car l’auteur dans est née et a grandi dans les îles du Saloum. L’imaginaire nous intéresse particulièrement d’autant plus qu’il est l’objet d’un livre coécrit par Pierre MUSSO, PONTHOU, Eric SEUILLET** et intitulé : "Fabriquer le futur, L’imaginaire au service de l’innovation." En creusant dans la culture africaine, on révèle inévitablement un gisement des traits dont l’étude permettra de montrer les germes favorables au développement des TIC.

Mandéné

*
Fatou Diome, Ketala, Flammarion, 2006.
**
Pierre Musso, Ponthou, Eric Seuillet, Fabriquer le futur, L’imaginaire au service de l’innovation,  Edition du village mondial, 2005.




Par Mandene - Publié dans : TICs
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Mardi 15 août 2006
En lisant SENGHOR, on ne peut échapper à une théorie qui lui tenait particulièrement à cœur : "la civilisation de l’universel" qu’il désignait autrement par l’expression "le rendez-vous du donner et du recevoir." Si cette théorie senghorienne a un fondement culturel indéniable, elle est particulièrement adaptée au contexte économique mondial. Même si l’homme de lettres n’était pas un féru d’économie, force est de constater que la dimension culturelle de l’économie est un fait indiscutable. Sa théorie des échanges peut être considérée, à juste titre, comme le versant culturel de la mondialisation en général.

Dans ce contexte, il est fondamental de pouvoir apporter quelque chose et contribuer qualitativement à ce bazar global. Certains esprits étaient prompts à traiter SENGHOR de poète illuminé et rêveur dont la théorie sur le primat de la culture était une perte de temps et une futilité pour l’Afrique. Aujourd’hui tout le monde se rend compte que le principal frein au développement est une culture qui se renferme sur elle-même et refuse de recevoir le meilleur de l’autre tant sur le plan organisationnel que technique. Le renfermement est synonyme d’absence d’autocritique et de remise en question qui inhibent toute velléité de choix pertinent pour l’avenir. Voici un extrait d’un discours de SENGHOR :

« Bien plus manifeste qu’au siècle dernier apparaît la marche irrésistible de l’humanité vers sa « totalisation » et sa « socialisation » à la fois, pour employer les termes de Pierre TEILHARD de CHARDIN. Cette évidence résulte du processus qui se déroule sous nos yeux, favorisé par le progrès de la science, singulièrement par le développement des moyens de communication. Ce ne sont pas seulement les hommes et les bien matériels qui traversent les frontières, mais les idées, les techniques, les mœurs ; je dis les civilisations… » Léopold Sédar SENGHOR, Message à la nation, le 03 avril 1961.

En 2008 aura lieu à Dakar le 3ème festival mondial des arts nègres après 1966 (DAKAR) et 1977 (LAGOS). Faut-il voir dans cette actualité la fin de la tentation du meurtre du père? En effet, cet événement d’une dimension mondiale et extrêmement symbolique dénote une volonté de présence culturelle, d’appropriation de sa propre identité et de contribution qui n’est pas sans rappeler l’isolement économique du continent africain. De plus, cette manifestation est placée sous le signe de la renaissance africaine et fait référence au NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique). La culture n’est donc jamais loin du champ économique et cette rencontre panafricaine arrive dans un contexte particulier, car elle semble couronner une décennie de tractations économiques. En effet, la NIA (Nouvelle Initiative Africaine) qui deviendra par la suite le NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique) est un projet fondé sur la fusion du plan OMEGA du président sénégalais Abdoulaye WADE et du MAP (Millenium African Plan) élaboré par les présidents Olésegun OBASANJO du Nigéria, Thabo MBEKI de l’Afrique du Sud et de Abdelatif BOUTEFLIKA de L’Algérie.

Par Mandene - Publié dans : Economie
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Mercredi 9 août 2006
Dans l’article précédent, il était question de la communication à distance dans le pays sérère (régions de Fatick, Thiès, Kaolack). Cette fois, prenons l’exemple des villes sénégalaises et de Dakar (la capitale) en particulier. Si vous vous promenez dans les rues, les cabines téléphoniques publiques se fond rares. Ne vous inquiétez pas car elles sont supplantées par les « télécentres » : des boutiques multimédia regroupant le plus souvent une cabine téléphonique privée, des machines à photocopier, le fax, et souvent un PC pour les besoin d’un opérateur de saisie. Ces services ainsi regroupés permettent aux petites bourses d’accéder à des services qu’ils ne peuvent s’offrir à partir de leur domicile.

Pour ce qui concerne la téléphonie mobile, les trois opérateurs qui se partagent le marché rivalisent d’ingéniosité commerciale pour attire une clientèle au pouvoir d’achat limité. Le forfait n’est pas le modèle économique le mieux partagé, au contraire le système d’affiliation à la carte se révèle plus flexible et plus adapté au marché local.


Ceux qui ont écouté le dernier opus du groupe de musique ivoirien Magic système ont sans doute remarqué la dernière phrase de la chanson : « Mon frère, si tu n’a pas d’unités bip moi » Cette phrase traduit une pratique fort développée et couramment désignée par le terme de bipage. On distingue ainsi des utilisateurs passifs et des utilisateurs actifs. Les premiers se fond appeler dans la plupart du temps car leurs revenus ne leurs permettent pas de payer les prix de communications. Le téléphone est alors une adresse, qui permet d’être joignable à tout moment.
Par Mandene - Publié dans : mandene
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